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Sanctuaire Pelagos

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Limiter au sous-thème :
Epinephelus marginatus - G. Esposito
Localisation :
 > L'île de Port-Cros
 > L'île de Porquerolles
 > Cap Lardier
 > Presqu'île de Giens
Mérou brun (Epinephelus marginatus)
Protection
Protégé par un moratoire -l’arrêté n°2002/1113 du 30/12/2002- qui en interdit la pêche à l’hameçon et la chasse sous-marine jusqu’à fin 2007 sur l’ensemble du littoral de la Méditerranée continentale.
Biologie
On compte une centaine d’espèces de mérous dans le monde, dont huit en Méditerranée. Le mérou brun est plutôt localisé en Méditerranée avec des populations en Atlantique jusqu’à la Manche en limite Nord, sur les côtes occidentales d’Afrique, et au Sud du Brésil.
Il vit dans des profondeurs comprises entre la surface et - 200 m et affectionne les failles et les éboulis rocheux.
Comme de nombreux poissons, il change de sexe au cours de sa vie. Femelle vers 5 ans, il devient mâle vers 12 ans. Pour les scientifiques, c’est un « hermaphrodite protérogyne » à l’inverse d’autres poissons qui sont d’abord mâles puis femelles comme les daurades ou les saupes par exemple.

Un précieux indicateur
Ce mérou peut vivre une cinquantaine d’années, atteindre 1m30 pour une trentaine de kilos.
Son régime alimentaire est varié mais surtout composé de poulpes et de calmars, de langoustes et d’autres crustacés ainsi que de poissons. Sa position de prédateur au sommet de la chaîne alimentaire lui donne un rôle de régulateur des espèces. Un équilibre s’établit progressivement entre les habitats, les proies disponibles et la densité des mérous. A ce titre, il est considéré comme un bon indicateur de la qualité du milieu.

Le langage des couleurs
Comme de nombreuses espèces animales, il dispose d’un système de communication basé sur la couleur de sa « robe ». Il peut en effet arborer différentes « livrées ». On observe ainsi des contrastes plus ou moins fort de ses taches, l’apparition de grandes plaques argentées chez le mâle ou un ternissement de sa robe. Les messages correspondant à ces différentes livrées sombre, marbrée, uniforme, argentée ou claire sont presque tous identifiés, ce qui permet aux biologistes de mieux comprendre les phases du développement et de communication de ce poisson.
Un autre élément, particulier chez le mérou, est sa carte d’identité. Chaque individu possède des tâches claires bien visibles sur sa robe brun foncé. Celles qui sont situées autour des yeux et de sa gueule sont caractéristiques et différentes pour chaque individu. Par ce marquage naturel, on peut repérer certains individus, suivre leur comportement et leurs déplacements. Un logiciel « Recomero » permet le suivi de ces individus.

Par un beau soir d’été …
Sa reproduction a lieu au plus chaud de l’été. Des parades nuptiales ont lieu entre le mâle dominant et les femelles prêtes à pondre. A la suite de plusieurs remontées vers la surface, dans un dernier mouvement jusque vers une dizaine de mètres de profondeur, mâle et femelle émettent en même temps sperme et ovules pour une fécondation en pleine eau. Une quantité importante des œufs fécondés sera la proie des oblades ou autres petits pélagiques. Sur les plusieurs millions d’œufs pondus par chaque femelle au cours de sa vie, seuls 2 individus parviendront à l’âge adulte.
Caractéristiques
Depuis 1983, on observe un accroissement de la population des mérous dans les eaux du parc. Depuis les dernières années on constate en effet un doublement du nombre de mérous tous les trois ans. Depuis 1999, ce taux de multiplication diminue et l’accroissement n’est plus que de 37 %. Cela indique très probablement le début d’un équilibre montrant une tendance vers une stabilisation de la population de cette espèce. Parallèlement, on observe un rajeunissement global de la population avec la présence de plus en plus forte de jeunes et de femelles. Ce phénomène est bien visible dans les aires marines protégées (Réserve marine des Bouches de Bonifacio ou de Banyuls et Parc national de Port-Cros).
De nombreuses informations provenant des plongeurs individuels ou des commissions de biologie de la FFESSM, confirment ce phénomène sur l’ensemble ne notre littoral.



Pour en savoir plus : Groupe d'Etude du Mérou
http://www.gemlemerou.org