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Le Conservatoire botanique
Sanctuaire Pelagos

Chamaerops humilis
Localisation :
 > L'île de Port-Cros
 > L'île de Porquerolles
 > Cap Lardier
22/01/2003 - Hyères-les-(ex)-Palmiers ?
L’augmentation et la diversification des échanges commerciaux a son revers, comme l’introduction involontaire de parasites et maladies d’espèces végétales, cultivées ou autochtones : le chancre coloré du platane, le brun du géranium, plus récemment, la chrysomèle du maïs font partie de ces nouveaux venus indésirables.
Sur la Côte d’Azur, c’est un papillon diurne, Paysandisia archon, qui affecte les palmiers et menace désormais un patrimoine culturel et paysager déjà ancien. Ironie du sort, c’est à Hyères-les-palmiers, renommée pour ses collections et alignements d’arécacées (la famille des palmiers), que l’espèce a d’abord été découverte en France. Puis le ravageur s’est étendu à deux autres foyers dans le Var, dans les Alpes-Maritimes, et plus récemment à Montpellier. On atteste sa présence en Catalogne, on la soupçonne en Italie.
On suppose que Paysandisia archon serait arrivé d’Argentine par bateau malgré les contrôles sanitaires, il y a 4 ou 5 ans, ses larves infestant discrètement des Butia et Trithrinax d’importation. Les chenilles, longues de 8 cm environ, forent des galeries dans les stipes (troncs) et le rachis des palmes, provoquant leur dessèchement puis la mort du sujet. Ce sont les imagos (=adultes, ailes brunes et rouges tachées de noir et blanc, dont certains ont été vus en vol autour d’Hyères), jusqu’à 11cm d’envergure, qui iront infester d’autres localités.
Aucun insecticide adapté n’est homologué pour le moment. L’arrachage de l’individu atteint et l’incinération sont les seules réponses. Le papillon est d’ores et déjà inscrit à l’arrêté du 7 février 2002 en complément de la liste des organismes nuisibles au végétaux.
Doit-on s’orienter vers la lutte biologique ? Peut-on espérer une stabilisation « naturelle » de l’invasion dans les années à venir ? Les grands froids de certains hivers peuvent-ils contenir ou même éliminer le parasite ?
Plus grave : doit-on craindre une attaque du Paysandisia archon sur le Chamaerops humilis ? Le seul palmier autochtone en France, rarissime dans ses stations naturelles et protégé sur le plan national, a en effet montré sa vulnérabilité à l’infestation en pépinière à Girona (Espagne).
Les palmiers présents au village de Port-Cros, essentiellement des dattiers des Canaries (Phoenix canariensis) plantés dans les années 1930, sont relativement protégés des parasites exogènes par la situation d’insularité et la distance du continent. Porquerolles par contre est plus proche du continent et les collections du Pré des Palmiers, jardin en cours de création, seront plus vulnérables. Enfin, le Cap Lardier accueille des populations sauvages de Chamaerops humilis, qu’il faudra dès lors surveiller au plus près.


Nicolas CROUZET, garde moniteur