Jean Paulhan et l'île de Port-Cros

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La Nouvelle Revue française fut pendant longtemps le miroir de la vie intellectuelle en France. Une page de son histoire sera écrite sur l’île de Port-Cros grâce Jean Paulhan.

Né à Nîmes le 2 décembre 1884, Jean Paulhan est un éditeur, écrivain, critique littéraire et animateur de la Nouvelle Revue Française de 1925 à 1940. Fils du philosophe Frédéric Paulhan, il emboitera le pas à son père en publiant des articles dans plusieurs revues philosophiques. 

En homme cultivé et désireux de partager ses connaissances avec les autres, il part à la fin de l’an 1907 au Madagascar enseigner le latin et le français.

De retour en France, il s’enrôle dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale et est affecté au 9e régiment de Zouaves. Cette expérience lui inspire l’ouvrage Le Guerrier appliqué. Dans cette œuvre, il présente le modèle de tenue mentale et stylistique d’un bon guerrier devant la catastrophe. L'ouvrage séduit le public, reçoit un accueil chaleureux de la part de la critique et des écrivains comme Paul Valéry se montrent très élogieux envers elle.

Des rencontres littéraires riches et variées

À la fin de la guerre, Jean Paulhan fit la connaissance de Paul Eluard et André Breton avec qui il se lie d’amitié. En 1919, il devient le secrétaire de Jacques Rivière à la Nouvelle Revue française. Au sein de la NRF, il se charge de la gestion des abonnés, de l’alimentation des rubriques et du contact avec les écrivains. Ce qui lui a permis d’avoir un carnet d’adresses important et d’être ami avec la quasi-totalité des grands écrivains de son temps. A la mort de Jacques Rivière en février 1925, Gaston Gallimard le nomme rédacteur en chef de la NRF.  

Jean Paulhan et l’île de Port-Cros

C’est à l’automne 1925 que Jean Paulhan, alors depuis quelques mois rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Française, met le pied pour la première fois à Port-Cros. L’année suivante il négocie avec la propriétaire d’une partie de l’île de Port-Cros, Marceline Henry, qui est abonnée à la NRF, la location du fort de la Vigie au nom de la NRF. Séduit par l’île, Jean Paulhan écrit à Jean Schlumberger : « J’aime beaucoup l’île de Port-Cros. Cela doit se voir. Enfin le propriétaire m’a fait une offre merveilleuse : il me donne pour quinze ans, si je le veux, le plus beau fort de l’île et qui la domine toute, La Vigie. […] Ce serait bâtir à Port-Cros le fort de la NRF ».

Grâce Jean Paulhan, Port-Cros deviendra donc le fief des écrivains. Il invite de grands écrivains tels que Jules Supervielle, Henri Michaux, André Gaillard, Marcel Arland, Richard Aldington, André Gide…, à y séjourner comme en témoigne cette lettre de Gaston Gallimard, du 25 août 1932 : « Ne viendrez-vous pas tous deux cette année à Port-Cros ? »