Typology of the reef formations of the Mediterranean seagrass Posidonia oceanica, and the discovery of extensive reefs in the Gulf of Hyères (Provence, Mediterranean)

2015

Sites :

  • Autre
  • Hyères
  • Mer

Thème :

  • Flore marine (Sciences de la vie)

Type :

  • Article

Mots clés : Posidonia oceanica, récifs-barrières, formations récifales, patrimoine naturel, services écosystémiques, gestion de la zone littorale

L’édification de formations récifales par la magnoliophyte marine méditerranéenne Posidonia oceanica est due à la montée de la matte, ensemble constitué par les rhizomes et les racines et dont les interstices sont colmatés par le sédiment piégé par la canopée de feuilles. En mode calme, la matte peut s’approcher suffisamment de la surface pour que, à marée basse, l’extrémité des feuilles émerge : on parle alors de formation récifale (récif). Ce processus, avec la formation d’un récif barrière isolant un lagon, a été découvert au début des années 1950s dans la baie de Port-Cros (Provence, France) par Roger Molinier et Jacques Picard. Ils ont également décrit les stades initiaux de cette édification, les récifs frangeants. Depuis lors, la formation récifale de Port-Cros a été considérée comme le type, le modèle des récifs barrières de P. oceanica. D’autres formations récifales à P. oceanica ont été décrites : plateau récifal et micro-atolls.
En fait, il existe une relative diversité des formations récifales à P. oceanica, diversité jusqu’ici mal répertoriée. Ici, les différents types de formations récifales sont définis et décrits ou redécrits : récifs frangeants (FR), récifs barrières avec lagon de matte (BRML), récifs barrières avec lagon de matte érodée (BREML), récifs barrières avec lagon géomorphologique  (BRGL), c’est à dire où le lagon n’est pas occupé par de la matte morte, récifs barrières fossiles (FOBR), c’est à dire où les P. oceanica qui constituaient le front d’émersion sont mortes, faux récifs barrières (FABR), lorsque le front d’émersion qui limite le lagon s’appuie sur une barre rocheuse et est donc en fait référable à un récif frangeant, plateaux récifaux (PR), récifs perpendiculaires à la côte (PER), qui correspondent peut-être à des stades initiaux de PR, et micro-atolls (MA). En fonction de cette typologie, qui prend en compte des types de formations récifales plus ou moins différents du paradigme du récif barrière de Port-Cros, les formations récifales à P. oceanica  sont peut-être un peu moins rares qu’on ne le pensait.
Dans le golfe de Hyères, un certain nombre de formations récifales à P. oceanica, qui n’avaient pas jusqu’à présent attiré l’attention des chercheurs, sont décrites et cartographiées à La Badine (Nord-Est de la presqu’île de Giens) et sur la côte Nord du golfe devant les Vieux Salins (Hyères), à L’Argentière (La Londe-les-Maures) et entre la côte et l’îlot de Léoube (Bormes-les-Mimosas). L’une d’elles, celle des Vieux Salins, constitue l’un des plus grands BRMLs connus à ce jour des côtes françaises et de l’ensemble de la Méditerranée, après ceux de la Madrague de Giens (Provence) et du Stagnone de Marsala (Sicile).
La prise en compte de la diversité des formations récifales à P. oceanica revêt une importance capitale dans la gestion de la zone côtière. En effet, ces formations ont une grande valeur patrimoniale, et certains types de récifs sont plus rares que les autres. De plus, ces formations contribuent aux remarquables services écosystémiques rendus par les herbiers à P. oceanica, plus particulièrement en ce qui concerne la protection des plages contre l’érosion et leur rôle de nurserie pour des ‘poissons’ d’intérêt commercial. L’édification d’une formation récifale est un processus qui nécessite des siècles et même des millénaires ; sa destruction est donc irréversible à l’échelle humaine. Malheureusement, un certain nombre de récifs à P. oceanica ont été détruits, dans un passé lointain ou récent, du fait des activités humaines, et beaucoup de ceux qui subsistent sont dans un mauvais état de conservation.

Informations

Premier auteur
BONHOMME, Denis ;BOUDOURESQUE, Charles F. ; ASTRUCH, Patrick ; et al.
Éditeur
Parc national de Port-Cros
Nombre de pages
26
Nom de la revue
Scientific Reports of Port-Cros National Park
Référence
2015 - 29:41-73