Diversité des Abeilles sauvages (Hymenoptera : Apoidea) de l’île de Porquerolles (France, Var)

2016

Site :

  • Porquerolles

Thème :

  • Faune terrestre (Sciences de la vie)

Type :

  • Article

abeilles, Apiformes, communautés végétales, espèces patrimoniales, biodiversité, réseau d’interaction, écosystème insulaire

L’île de Porquerolles abrite une faune et une flore originales et diversifiées. Alors que certains groupes ont été particulièrement bien étudiés, aucun recensement des Apiformes n’a été réalisé. Les abeilles sont très diversifiées, l’Abeille domestique n’est qu’une espèce parmi les 977 espèces estimées présentes en France métropolitaine. De plus, ce sont des insectes pollinisateurs essentiels tant pour la flore sauvage que cultivée. Afin de pallier au manque de données sur ce groupe, un inventaire des espèces d’abeilles a été réalisé dans les principaux habitats grâce à une campagne de captures mensuelles au filet sur les fleurs et avec des coupelles colorées de février 2007 à janvier 2008. L’île compte au moins 114 espèces d’abeilles sur un territoire d’une dizaine de kilomètres carrés, soit plus de 12 % du nombre d’espèces d’abeilles présentes en France. Parmi ces espèces, 32 sont peu communes et 15 sont rares en France, comme Ammobates punctatus, Colletes eous, Halictus gemmeus, Hoplitis praestans et Colletes collaris, cette dernière figurant au titre d’espèce en danger sur la liste rouge des abeilles d’Europe de l’UICN. Le suivi de ces populations représente donc un enjeu de conservation pour ces espèces à l’échelle nationale, et même mondiale. Les sites anthropisés se sont avérés être les plus riches en abondance et en espèces d’abeilles. Le réseau d’interactions établi dans notre étude montre que la fragilité de certaines populations végétales peut être liée à celle de leurs insectes pollinisateurs qui sont eux mêmes rares. Or les abeilles sont plus rarement au cœur de mesures de protection que les végétaux. Ainsi, la protection d’espèces végétales peut aider à la préservation des abeilles qui les butinent et qui peuvent contribuer à leur reproduction. La prise en compte des populations d’insectes pollinisateurs devrait aussi être une action en soi pour aider à la conservation des espèces végétales entomophiles rares.

Informations

Premier auteur
Clémentine COIFFAIT-GOMBAULT, Nicolas CROUZET, Nicolas MORISON, Laurent GUILBAUD, Bernard VAISSIERE
Éditeur
Parc national de Port-Cros
Nombre de pages
47
Nom de la revue
Scientific Reports of Port-Cros National Park
Référence
2016 - 30: 95-143